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Vendredi 8 septembre 2006

Chapitre 2: Formation du maître, premiers émois

M. et Mme Finkie cependant s'inquiétaient de l'avenir de leur rejeton. Habités de la croyance selon laquelle le jeune Alain devait être destiné à la philosophie et non à la confection comme tous ses ancêtres, ils désespéraient de voir enfin les stigmates de cette vocation se manifester. Pour l'heure, l'Enfant semblait préférer se vautrer dans l'herbe et la boue, sans rédiger un seul traité, le moindre des essais, ni le plus court des aphorismes. Ils convinrent, après bien des discussions orageuses, de bousculer un peu la providence, en l'envoyant faire ses armes à l'école élémentaire: au moins, apprendrait-il à lire et à écrire, ce qui, somme toute, constituerait un bon début. Las! ayant vécu trop longtemps dans l'attente d'un miracle, Alain avait atteint l'âge de dix-sept ans, ne sachant parler. Il ne fut accepté nullepart. Les maîtres d'écoles, conscients des limites de leur pédagogie, ne voulaient le prendre en charge dans leur classe, où il eût suscité inévitablement chahuts et charivaris. On conseilla à ses parents de la placer auprès d'un établissement charitable. C'est ainsi qu'il intégra l'école Normale Supérieure.

 

En entrant dans cet établissement, il ne savait pas parler. En en sortant, il pouvait énumérer dans l'ordre, la liste des oeuvres d'Heideger: ce qui est très utile pour un philosophe. De fait, incapable de s'exprimer autrement que par la récitation de listes apprises par coeur, sa compagnie ne soulevait guère l'enthousiasme. Quand on lui demandait l'heure, il répondait par un inventaire: " Marignan 1515, penser à acheter du pain, l'Etre et le Néant, appeler maman, das Dasein...". A la même époque un vieux poète alcoolique entendit parler du jeune prodige et ayant sollicité un entretien, il rédigea par la suite lui-même un inventaire qui lui valut gloire et célébrité. Ce plagiat honteux fait qu'aujourd'hui encore, les amateurs de formules heureuses parlent d"'Inventaire à la Prévert" quand ils rédigent leur déclaration d'impôts et non pas "à la Finkie". C'est injuste mais que voulez-vous Prévert sonnait mieux que Finkie. Vexé, le futur nouveau philosophe décida de changer son nom en Finkielkraut car il aimait la choucroute. Il se sentit alors plus proche du peuple.

 

Nanti de ce beau patronyme, il décida de se lancer dans la philosophie militante. Comme doctrine il choisit le Maoîsme dont le Grand Bond en Avant lui rappelait son enfance agreste et fougueuse. De plus, il trouvait que le costume porté par les fidèles, la célèbre veste et la casquette de marlou, avait plus d'allure que celui des trotskistes qui se limitait à un piolet fiché dans le dos. On ne dira jamais assez le prestige qu'exerçait l'uniforme sur la jeunesse lettrée de cette époque. D'autant plus que Finkielkraut avait pu constater que le sien ne laissait pas indifférentes les jeunes filles romantiques, qui à la simple vue de cols mao se sentaient des âmes de Passionaria. Cependant, bizarrement, Finkielkraut n'attirait pas comme les autres camarades, les suffrages des filles à papa. Elles se détournaient de lui quand arrivant à sa hauteur, elles se rendaient soudain compte que le col Mao, ne fait pas le commissaire politique. Elles préféraient les maoistes athlétiques qui entre deux AG, demandient les clés de sa chambre à notre héros pour utiliser sa bibliothèque.

 

A suivre...

Par Fab - Publié dans : monde-de-merde
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Commentaires

   En effet, mon coeur chavire pour ce merveilleux plat alsacien...un seul bémol, toutefois, qui éclairera mes interventions passées et futures,  : ne pas abusez des clous de girofle: ou sinon ça donne une choucroute "black black black"... c'est quelque peu génant pour un plat issu de notre beau pays. 

Fink. De droite d'accord mais partouzeur pas encore...
Commentaire n°1 posté par fink le 09/09/2006 à 22h31
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